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La fatigue est un obstacle important au rétablissement physique et mental après l’AVC, selon une nouvelle recherche

Pour diffusion immédiate le mardi 31 octobre 2017 à 12 h (HNE)

 

L’affection débilitante doit être mieux diagnostiquée et investiguée.

TORONTO _ La fatigue est étroitement liée à un rétablissement physique moins réussi après un AVC, selon une étude menée auprès de 335 patients victimes d’un AVC dans quatre centres de réadaptation en Ontario, et publiée aujourd’hui dans Frontiers in Aging Neuroscience.

Un tiers des personnes victimes d’un AVC – il y en aurait 62 000 au Canada chaque année – ressentent une fatigue débilitante qui peut être causée par la dépression, des troubles du sommeil, des lésions cérébrales ou d’autres facteurs non identifiés.

« La fatigue post-AVC est paralysante », explique le Dr Bradley MacIntosh, chercheur en neuroimagerie à l’Institut de recherche Sunnybrook, qui a dirigé la recherche. « Elle se caractérise par une fatigue, une faiblesse et un épuisement extrêmes. Devoir tout simplement bouger semblerait exiger de trop grands efforts. » Walter Swardfager, chercheur du Programme des sciences du cerveau de Sunnybrook et auteur principal de l’étude, ajoute : « Il est facile d’imaginer comment ces symptômes pourraient avoir un impact sur le rétablissement, compte tenu des nombreux avantages qu’il y a à mener une vie physiquement active après un AVC. »

Pour compliquer les choses, certains symptômes de la fatigue chevauchent la dépression post‑AVC, ce qui rend difficile de démêler leurs impacts individuels sur les différents aspects du rétablissement post-AVC.

Si la fatigue est mal identifiée comme une dépression, certains antidépresseurs peuvent, en fait, aggraver la fatigue. « Il n’existe pas de traitement éprouvé contre la fatigue après un AVC », affirme le Dr Swardfager, professeur adjoint de pharmacologie et de toxicologie à l’Université de Toronto. « Nous devons cerner comment la fatigue devient un obstacle au rétablissement, et comprendre ses causes pour pouvoir la traiter spécifiquement.»

Financée par le Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, l’étude sur la fatigue post-AVC est l’une des plus vastes jamais réalisées. Dans le cadre de l’étude, les patients qui avaient subi un AVC au cours des six mois précédents ont été recrutés dans quatre centres de réadaptation affiliés au PCRA. Ces patients ont fait l’objet d’un dépistage de la fatigue (grâce à un outil appelé Échelle d’évaluation de la fatigue) et ont fait l’objet d’une évaluation de leur mobilité (marche et équilibre) et de leurs fonctions cognitives (mémoire, rapidité de la réflexion et raisonnement).

« La fatigue et les symptômes dépressifs ont des incidences que nous avions sous-estimées auparavant », dit le Dr MacIntosh. L’étude a révélé que la fatigue était directement liée à une moins bonne récupération physique. La fatigue était également associée à un plus piètre rétablissement cognitif, mais seulement si des symptômes dépressifs sont également présents.

Les auteurs affirment qu’un dépistage amélioré est nécessaire pour déceler et traiter la fatigue et la dépression afin d’assurer le meilleur rétablissement physique et cognitif possible. Ils souhaitent la création d’un groupe de travail pour approfondir les causes de la fatigue post‑AVC. « Si nous dépistons et traitons l’apnée obstructive du sommeil, est-ce que cela améliorera la fatigue? Ou encore le diabète de type 2, qui touche environ un tiers des survivants d’un AVC? » Le Dr Swardfager affirme que l’identification et l’étude de la fatigue « ouvre la porte à l’intervention la plus utile pour chaque personne ».

 

L’ancienne infirmière de l’unité de soins intensifs Marilyn Kenny, qui se sent parfois épuisée depuis qu’elle a été victime d’un accident vasculaire cérébral à l’âge de 52 ans, affirme que des recherches plus poussées sont cruciales parce que « comme je le dis à mon médecin, je peux vivre sans ma main droite, mais la fatigue est si dérangeante parce qu’elle bouleverse tout ce qui se passe dans ma vie ». « Une sensation irrépressible de devoir s’étendre et de perdre la carte pendant un moment. »

Le Dr Rick Swartz, neurologue spécialisé en AVC à Sunnybrook, est d’accord : « Il s’agit d’un domaine de recherche important parce que, pour de nombreux patients, la fatigue est un facteur contraignant majeur. C’est ce que j’entends souvent chez mes patients plus jeunes après un accident vasculaire cérébral. Ils me répètent qu’ils se débrouillent très bien jusqu’à ce que, tout à coup, ils « frappent un mur » et ressentent un besoin impérieux de se reposer ou de dormir. C’est souvent une source de frustration, surtout lorsqu’ils tentent de retrouver ou de réintégrer leurs responsabilités professionnelles ou personnelles. »

Plus de 405 000 Canadiens et Canadiennes vivent avec un handicap à long terme dû à un AVC. Ce nombre devrait augmenter de 80 % au cours des 20 prochaines années en raison du vieillissement de la population et de la croissance des facteurs de risque d’AVC.

Ont participé à l’étude les chercheurs Jodi Edwards, Mani Kang, Hugo Cogo-Moreira, Joyce L. Chen, George Mochizuki et Nathan Herrmann.

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Personne-ressource :

 

Cathy Campbell

Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC de la FMC

cathy@canadianstroke.ca
613-852-2303

 

Le Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC est une initiative conjointe de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC et des principaux centres de recherche sur l’AVC au Canada. Le Partenariat, dont le siège social est situé à l’Université d’Ottawa, reconstruit des vies grâce à la recherche. Le Partenariat a été le premier organisme au monde à se concentrer exclusivement sur la recherche sur le rétablissement post-AVC. Maintenant, il est un modèle pour d’autres pays. Pour en savoir plus visitez www.AVCcanadien.ca.

 

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