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Perte de mémoire et dépression post-AVC : les antidépresseurs et non les exercices s’avèrent efficaces

PHOTO : Dr Paul Albert, à gauche et la Dre Faranak Vahid-Ansari de l’Université d’Ottawa.

Les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (SSRI), un des antidépresseurs les plus communément prescrits, stimulent la mémoire et la cognition après un AVC, ce que font avec moins d’effet les exercices. Voilà ce que concluent des chercheurs financés par le PCRA à l’Université d’Ottawa; la recherche vient de paraître dans la revue Neurotherapeutics.

« L’exercice peut bien ne pas être aussi bénéfique pour la dépression et l’anxiété post-AVC », affirme le Dr Albert qui avec l’aide de son équipe vient d’éprouver les traitements chroniques de la perte de mémoire et de la dépression après un AVC en modèle animal. « Notre étude démontre toutefois que les antidépresseurs sont efficaces. »

L’équipe de chercheurs à l’Université d’Ottawa a également constaté que les fonctions cognitives – l’apprentissage et la mémoire – peuvent réagir aux antidépresseurs, « un résultat qui nous sourit ».

La dépression est le lot de 20 à 80 % des survivants d’un AVC; elle diminue beaucoup leur qualité de vie et leur capacité à se remettre. La dépression post-AVC diffère de la dépression régulière, car elle est le résultat d’une perte de cellules qui cause des modifications dans les circuits du cerveau, ce qui n’est pas le cas dans la dépression régulière.

Le Dr Albert et la co-auteure de l’étude la Dre Faranak Vahid-Ansari ont constaté que les SSRI, mais non les exercices, étaient en mesure d’inverser complètement tous les problèmes de comportement qu’avaient les souris avec AVC, et même la perte de mémoire. L’activité cérébrale déséquilibrée causée par l’AVC était rééquilibrée lorsque les animaux recevaient un traitement aux SSRI, mais non lorsqu’ils faisaient des exercices.

« Cela nous a fortement surpris », avoue le Dr Albert. « Nous osions croire que les exercices occasionneraient une réponse et peut-être une réponse supérieure s’ils étaient combinés aux antidépresseurs. » Bien que les exercices n’aient pas eu d’effet négatif, ils n’ont pas eu non plus l’effet positif escompté.

Par cette étude l’équipe du Dr Albert vient donner une nouvelle raison d’encourager l’utilisation d’antidépresseurs afin de stimuler le rétablissement après des AVC qui ont atteint la mémoire. En même temps elle vient de lever le voile sur les régions du cerveau qui peuvent être les plus propices à des interventions à l’aide de la stimulation du cerveau lorsque l’AVC touche une partie précise du cerveau. L’équipe espère pouvoir tester l’effet de la stimulation du cerveau dans un avenir pas trop lointain.

« Nous souhaitons parvenir à comprendre la manière dont les antidépresseurs agissent pour être en mesure d’activer ces voies directement lorsque les personnes ne répondent pas aux médicaments », conclut le Dr Albert. Un tiers des personnes seulement obtiendront un soulagement total à l’aide d’antidépresseurs.

Le Dr Albert et son équipe sont des chefs de file de l’étude de l’optogénétique, une technique qui se sert de la lumière pour stimuler les voies de signalisation dans le cerveau.

Téléchargez l’étude complète en cliquant ICI

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