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Sauver des cellules pour un meilleur rétablissement

À l’Institut Hotchkiss du cerveau de l’Université de Calgary, des chercheurs créent de nouveaux outils pour sauvegarder le tissu cérébral quand l’approvisionnement en sang est interrompu par un AVC et que le cerveau est privé d’oxygène.

« Une bonne protection du tissu cérébral lorsqu’il est atteint par un AVC augure bien pour le rétablissement », explique le Dr Roger Thompson, biologiste, dont les recherches ciblent la réaction qu’ont les tissus cellulaires soumis à des variations du niveau d’oxygène.

Son équipe de sept chercheurs vise en particulier un canal ionique, un pore de la membrane du neurone (cellule cérébrale) qui reste ouvert lors de l’AVC et cause la mort cellulaire.

« Mon laboratoire entend concevoir des médicaments qui garderont ce canal fermé afin de protéger le tissu cérébral », poursuit le biologiste chercheur du Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC de la FMC.

En 2016, son équipe publiait dans la prestigieuse revue Nature Neuroscience les résultats des travaux qui démontraient qu’une petite protéine conçue par le groupe pour fermer ce canal avait permis à des rongeurs avec AVC de se remettre de leurs lésions.

« Le meilleur scénario, selon lui, est d’obtenir autant la protection des neurones que le rétablissement. »

L’équipe de Thompson poursuit ses travaux sur la protéine, appelée Pannexine-308, à l’aide d’autres modèles pertinents dans le but de confirmer son utilité et sa sécurité chez l’humain. Cela permettra peut-être un jour de concevoir un médicament qui pourrait être administré au patient avec AVC idéalement déjà pendant son transport en ambulance avant d’arriver au service d’urgence.

Outre les travaux sur la protection du cerveau face à l’interruption du flux sanguin, les chercheurs du laboratoire du Dr Thompson se penchent aussi sur sa protection lorsque le flux sanguin est rétabli dans la région du cerveau atteinte par l’AVC.

« Le Dr Andrew Demchuk, chef du Programme de l’AVC de Calgary, a déterminé que la reperfusion (le rétablissement du flux sanguin dans la lésion due à l’AVC) est de plus en plus un sujet de préoccupation », note Roger Thompson. « Les médecins sont passés maîtres dans l’art d’enlever les caillots par une chirurgie ou par l’utilisation du tPA (un médicament qui brise les caillots). Mais, du même coup, ils constatent que la reperfusion cause des lésions qui entravent le rétablissement. »

Quelques chercheurs de son laboratoire sont donc passés à l’étude des lésions de reperfusion dans l’espoir que les médicaments conçus pour protéger les neurones puissent également aider à réduire la mort cellulaire après un AVC.

Thompson est d’avis que la raison pour laquelle Calgary se démarque des autres centres de recherche est « l’excellent dialogue entre les cliniciens de l’AVC, qui sont parmi les meilleurs au monde, et les chercheurs des sciences fondamentales ». L’Institut Hotchkiss compte neuf équipe neurologiques dont une spécialisée en AVC codirigée par Roger Thompson. Il affirme bénéficier « d’un outil fantastique pour entretenir le dialogue entre les deux types de chercheurs ».

D’autre part, l’affiliation du groupe de Calgary au Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC le met en contact avec des équipes de chercheurs à l’échelle du pays qui brassent de nouvelles idées et approches en vue d’améliorer le rétablissement après l’AVC.

« Les problèmes complexes se résolvent plus facilement si de plus en plus de personnes y travaillent de manière concertée. »

Finalement, Thomson est convaincu que ce sera bien une approche combinée issue des travaux dans le continuum de la recherche sur les soins de l’AVC – de l’exercice aux médicaments – qui établira les nouvelles règles du jeu.

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