Que la recherche fondamentale en laboratoire puisse améliorer la vie des personnes avec AVC n’est pas toujours facile à comprendre. On a généralement une vue d’ensemble du rétablissement, quoique des scientifiques tels la Dre Bojana Stefanovic visent ses aspects microscopiques – les neurones et les petits vaisseaux sanguins individuels.

Mais il suffit de passer quelque temps avec la chercheure du PCRA pour saisir que le rétablissement après un AVC est une question de détails. Stefanovic, Ph.D. en génie biomédical, a fait des études postdoctorales aux Institutes of Health (États‑Unis).

Dans son laboratoire au Centre de sciences de la santé Sunnybrook, la cible est la région du cerveau qui entoure l’AVC. « Ces jours‑ci on a acquis la conviction que la capacité de rétablissement du cerveau en dépend », explique-t-elle.

La théorie que l’on avance est que les neurones autour de la lésion peuvent venir au secours des neurones voisines et prendre la relève d’une partie des fonctions perdues dans la région détruite par l’AVC.

La Dre Stefanovic par conséquent examine l’architecture et les fonctions complexes des micro-vaisseaux qui alimentent la région autour de l’AVC.

« Ce qui nous intéresse c’est justement le lien entre la vasculature et les neurones. Dans la région qui entoure l’AVC qu’advient-il de la vasculature et des neurones? Et comment favorisons-nous le rétablissement en activant cette région? »

Dans sa recherche, elle se sert de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour mesurer l’activité du cerveau et étudier le flux sanguin dans la pénombre ischémique.

Dans une tentative d’augmenter la bonne forme et l’état de préparation des cellules entourant la région atteinte par l’AVC, les chercheurs dans le laboratoire de Bojana Stefanovic mettent à l’épreuve différentes combinaisons de médicaments chez des rongeurs. Par exemple, ils testent un médicament qui agit sur les neurones et un autre qui augmente la réactivité des vaisseaux sanguins, cherchant ainsi à améliorer la manière dont les cellules s’allument et fonctionnent. Les rongeurs sont étudiés pendant des semaines, voire des mois afin de bien saisir les changements qui surviennent au niveau des neurones, des vaisseaux sanguins et du comportement.

« Nous cherchons à découvrir le mécanisme qui rend ces médicaments efficaces », conclut-elle. « Ainsi nous déterminerons ceux qui sont les plus sûrs et les plus efficaces. »

Enfin, voilà que l’on retrouve la vue d’ensemble.