19 octobre 2018

11e Congrès mondial de l’AVC

Une étude quinquennale des statistiques hospitalières des États-Unis montre que l’incidence des AVC a augmenté constamment chez les consommateurs de cannabis, même si le taux global d’AVC est demeuré constant au cours de la même période.

Présentée aujourd’hui lors de la troisième journée du Congrès mondial de l’AVC, à Montréal, l’étude portait sur les statistiques hospitalières américaines de 2010 à 2014. Elle a permis d’examiner 2,3 millions de cas d’hospitalisation de personnes qui consomment du cannabis à des fins récréatives. De ce nombre, 32 231, soit 1,4 %, ont été victimes d’un AVC, dont 19 452 d’un AVC ischémique aigu.

Au cours des 5 années étudiées, le taux d’AVC de tous types chez les consommateurs de cannabis est passé de 1,3 à 1,5 %. Le taux d’AVC ischémique aigu est passé de 0,7 à 0,9 %. Au cours de la même période de 5 ans, la prévalence de l’AVC était stable chez tous les patients.

Par conséquent, les chercheurs concluent que ces tendances croissantes de l’AVC chez les consommateurs de cannabis « justifient d’autres études prospectives pour évaluer l’association cannabis-AVC dans le contexte de la légalisation de l’usage récréatif ».

En introduisant leur étude, les chercheurs ont noté que le cannabis « a un lien potentiel avec les AVC en raison des effets vasculaires cérébraux des cannabinoïdes ».

 

ENJEU BRÛLANT : Les jeunes survivants d’un AVC sont à haut risque à long terme de résultats de santé néfastes

Un pourcentage important d’AVC – estimé entre 8 et 21 % – touche les adultes de moins de 45 ans. Une étude canadienne menée par le chercheur principal, le Dr Richard Swartz, et son équipe visait à déterminer ce que l’avenir pourrait réserver aux jeunes patients qui ne présentent, dans un premier temps, aucune complication après leur premier AVC.

L’analyse des cas de plus de 26 000 jeunes survivants d’un AVC à l’aide des données de l’Institut de recherche en services de santé (ICES) a montré que, même si les taux absolus d’épisodes indésirables, dont les récurrences, les crises cardiaques et les décès étaient faibles chez les jeunes patients à l’AVC cliniquement stable, ces patients étaient encore 7 fois plus à risque d’éprouver des complications 1 an après leur premier AVC, alors que ce risque était seulement du double chez les patients plus âgés. Après avoir tenu compte des autres facteurs de risque vasculaire, les risques à long terme sont demeurés presque 3 fois plus élevés que chez les jeunes témoins, même chez les patients cliniquement stables qui n’ont présenté aucune complication précoce pendant ce qui est considéré comme la période à risque élevé immédiatement après un AVC. 

« Cette étude nous montre que même les jeunes patients d’AVC et d’AIT qui sont cliniquement stables après l’atteinte demeurent exposés à un risque important d’événements indésirables, comme un autre AVC, un décès ou le besoin de soins de longue durée, a déclaré Mme Jodi Edwards, auteure principale de l’étude et directrice du Programme Brain and Heart Nexus, à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa. C’est important, car cela met en lumière la nécessité de lignes directrices et de stratégies pour une prévention rigoureuse à long terme afin de réduire le risque d’AVC chez les jeunes patients victimes d’un AVC. »

 

ENJEU BRÛLANT : Trois études font le point sur les changements intervenus en soins de l’AVC au Québec

Le Congrès mondial de l’AVC ayant lieu à Montréal, il convient qu’il y ait trois exposés sur l’évaluation des différents aspects des soins de l’AVC dans la province de Québec. L’auteure principale est Mme Laurie Lambert, coordonnatrice de l’Unité d’évaluation cardiovasculaire de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) du Québec.

La première présentation évalue l’évolution des processus et de la qualité des soins dans les centres complets de l’AVC du Québec à la suite d’une évaluation provinciale sur le terrain en 2013-2014, et de l’élaboration et de la mise en œuvre par le ministère de la Santé d’un plan visant à promouvoir les pratiques exemplaires. Il a été constaté que les délais avant le début du traitement se sont améliorés, la proportion de patients traités par thrombolyse en moins de 60 minutes étant passée de 47 à 80 %, et que davantage de patients de ces centres étaient admis dans une unité d’AVC, soit 91 % en 2016-2017, contre 75 % précédemment.

La deuxième présentation compare les parcours de soins dans les quatre réseaux régionaux, et la troisième compare les délais pour la thrombectomie entre l’admission directe et le transfert interhospitalier des patients. Pour les patients transférés, le temps médian entre la première porte et la ponction était de 171 minutes (142-224). Pour les patients admis directement dans un centre complet de traitement de l’AVC, la durée médiane de la première porte à la ponction était de 69 minutes (50-100).

 

ENJEU BRÛLANT : Des chercheurs canadiens constatent des écarts dans les soins de l’AVC selon l’âge et le sexe

Deux études menées par des chercheurs de Toronto portent sur les différences dans les soins de l’AVC au Canada en fonction de l’âge et du sexe. Une étude à l’aide de données de 2003 à 2006 a conclu que les décès à l’hôpital attribuables à un AVC avaient diminué pour tous les patients, mais que le groupe le plus à risque était celui des femmes âgées. 

La deuxième étude réalisée par les mêmes chercheurs a été présentée le 18 octobre et portait sur des données de 2014-2016. Elle a conclu que les jeunes adultes sont plus susceptibles de recevoir des médicaments anticoagulants à base d’alteplase, d’avoir accès à des unités d’AVC et d’être autonomes au congé que les adultes plus âgés. Les femmes de tous âges sont moins susceptibles d’être autonomes au congé dans leur foyer.

 

ENJEUX BRÛLANT: Une étude canadienne a cartographié les établissements de soins de l’AVC au Canada à l’aide d’un logiciel géospatial pour évaluer leur accessibilité en fonction de la distance et du temps de conduite.

La plupart des Canadiens vivent à moins de 300 km en voiture des services de prévention (95,5 %), de thérapie endovasculaire (79,1 %) et de réadaptation (97,8 %); toutefois, en raison des défis géographiques, météorologiques et financiers particuliers du Canada, de nombreux patients admissibles des communautés rurales ou isolées ne parviennent pas à atteindre à temps un hôpital de soins de l’AVC pour que cela ait une incidence sur le rétablissement et les séquelles persistantes de l’AVC.

11e Congrès mondial de l’AVC

Le 11e Congrès mondial de l’AVC, qui se tiendra du 17 au 20 octobre 2018 au Palais des Congrès de Montréal, au Québec, réunit des experts internationaux de premier plan du domaine de l’AVC dans un programme scientifique sans pareil couvrant l’épidémiologie, la prévention et le rétablissement en soins actifs dans des centaines de séances et présentations par affiches. Des professionnels de l’AVC, des chercheurs, des décideurs et des personnes ayant une expérience vécue de l’AVC venus du monde entier assistent au congrès. C’est la première fois en 12 ans que le Congrès biennal se tient en Amérique du Nord; celui de 2016 s’est tenu à Hyderabad, en Inde. Le congrès de cette année est organisé conjointement par l’Organisation mondiale de l’AVC et le Consortium Neurovasculaire Canadien. Les coprésidents sont le Dr Werner Hacke, président de l’Organisation mondiale de l’AVC et le Dr Mike Sharma, président du Consortium Neurovasculaire Canadien. WorldStrokeCongress.org/2018